11 septembre 2014

Die Hard 6

6h00. Le réveil et la radio peinent à me tirer d’un sommeil aussi profond qu’un coma prolongé. J’ouvre un œil, puis l’autre mais le premier s’est déjà refermé. Je m’extirpe des draps et bras chauds et coupe la chique à l’animateur survolté qui doit probablement tourner aux amphèt’ pour avoir cette patate-là à des heures aussi indues.

6h03. J’entends au loin une voix nasillarde, un son électro étouffé comme si je poireautais dans la file d’attente d’une boîte de nuit. J’ouvre les yeux, les deux en même temps cette fois. Bordel, j’ai RÊVÉ que je me levais. La radio braille toujours. Je l’éteins pour de bon, et je voudrais bien m’extraire du lit, mais quelque chose m’en empêche. Ah oui : la flemme.

6h09. Je sens une bestiole se déplacer sur ma fesse droite qui dépasse du drap. Je sursaute comme si je venais d’être défribrillée par Dr House sous Vicodine, je balaie frénétiquement de la main la zone attaquée en agrémentant le tout d’un « putaiiiiin » les dents serrées. Bizarrement, je n’ai plus vraiment envie de lézarder au pieu.

6h15. Je tente de passer de la chevelure de Sangoku à celle de Cristina Cordula à coups de jets d’eau et à grand renfort de gel fixation béton armé, quand j’entends l’Homme se lever. Il entre dans la salle de bains, et me colle sous le nez une sauterelle verte d’environ 6 cm de long, grand dard pointu compris, qui gigote et aimerait bien me filer un coup de patte griffue pour ma coiffure. Deuxième « putaiiiiiin » et je me félicite de ne pas avoir encore mis en place ce système de pot à gros mots, qui me vaudrait d’être déjà à découvert de bon matin. L’Homme repart, sourire aux lèvres, mettre dehors la bestiole afin qu’elle puisse aller escalader d’autres miches que les miennes.

7h45. Je dépose les filles au périscolaire grommelle mon troisième « put…naiiiiise », referme la porte du garage, écrase une larme de fatigue et repart à la maison avec les filles qui n’y pigent rien, maison où j’ai donc oublié mes clés de voiture, maison qui n’est pas contigüe au garage. 5 minutes aller, 5 minutes retour, j’ai très chaud sous les bras et comme une légère envie de m’auto-étriper (et de faire pipi aussi) (fucking périnée)

8h00. Je dépose les filles au périscolaire. L’institutrice de la petite me fait remarquer que je n’ai pas encore fourni de photos d’identité, et se lance dans un speech pour me convaincre de l’intérêt pédagogique de l’utilisation desdites photos. Je formule des excuses, je tente de partir, elle poursuit son discours, j’opine du chef avec l’idée de me barrer en courant dès qu’elle aura tourné la tête. Je songe à piquer le cahier de textes de ma grande pour me ventiler les aisselles.

8h25. Je suis arrivée au boulot, j’hésite à aller reprendre une douche.

13h12. Je retourne prendre une douche. En fait, je viens de me faire une petite séance de running, terme technique qui signifie que je viens de cracher mes poumons pour 4 pauvres kilomètres et que mon visage a pris une teinte indéfinissable qui se situe entre le cramoisi et le violacé. Je sue comme un poney et dois sentir tout pareil. Afin que tout le monde puisse en profiter, je m’affale dans le couloir en attendant qu’une douche se libère.

Je parfume le couloir.

15h49. J’en suis à mon 3ème expresso et je dodeline toujours de la tête. Putain d’endorphines (et de pot à gros mots).

17h05. J’attaque (enfin) un gros dossier. Je dois partir récupérer ma grande dans 10 minutes. C’est bête, moi qui me sentais enfin d’attaque pour bosser.

17h38. J’arrive au centre de loisirs. Ma fille me saute dans les bras et me colle de la confiture sur les joues. L’animateur me demande s’il est normal qu’elle ait demandé 6 fois à aller aux toilettes. La directrice m’explique qu’elle a paniqué parce que la lumière automatique des toilettes a fini par s’éteindre. Ma progéniture me fait savoir qu’elle a envie de faire pipi. J’ai envie de faire pipi.

18h27. J’essaie de faire avaler des granulés homéopathiques à mon chat qui me les recrache agrémentés de bave mousseuse. Que ce soit les médocs ou les touffes de poils, le crachat est visiblement son activité quotidienne principale. Je me félicite donc d’avoir enfin pris rendez-vous chez le vétérinaire pour qu’il soigne à coups d’injections de cortisone son allergie à la salive de puces. Je me félicite de penser à noter le rendez-vous sur le calendrier familial. Il faudra juste que je pense aussi à me féliciter demain matin, lorsque j’aurai annulé le rendez-vous du véto qui chevauche étrangement la réunion de rentrée de l’école maternelle.

18h35. Je ramasse des poils de chat.

18h49. Je ramasse des poils de chat.

19h02. Je nettoie du vomi de chat.

19h03. Je jette le chat dehors.

21h11. Je m’avachis sur le canapé, un carré de chocolat au lait – noisettes entre les doigts. Je ne lui laisse pas le temps de fondre, ni à son frère jumeau d’ailleurs (et oh, tiens, des triplés !). Ils l’ont bien mérité, et moi donc. Et sinon il a l’air sympa cet épi … sode … de … Black …….. listzzzzzzzz …… zzz ……. rrrrrpfffffff (Oui, je ronfle. Enfin, il semblerait.)

2 commentaires :

  1. On est fatigué rien qu'à te lire !
    Bravo pour le running ;-)

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    1. Haha ! Heureusement, ceci n'est qu'une fiction (ou presque ...)
      Et merci ! :)

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