19 octobre 2014

Rencontre


Je le savais. J’en étais sûre. Avant même de te connaître.

J’avais tout préparé, minutieusement. Passé des heures à chercher, sur Internet, sans relâche, tout ce que tu pourrais m’apporter, tout ce que j’allais découvrir de toi, aimer de toi. Passé des heures à convaincre mon mari que cette décision serait la bonne, qu’elle changerait sans doute notre vie à tous les quatre, mais pour qu’elle n’en soit que meilleure.

Puis est venu le temps du départ. Faire ses valises, ne rien oublier, et partir avec joie. Sans regret.

Au bout d’un long périple, te voir enfin … Tu étais magnifique. Ton côté sauvage, cet état brut. De toi se dégageait cette lumière si particulière, ce halo presque magique qui a nourri tant de légendes. Tu m’as bouleversée.

Je t’ai dévorée du regard, et mon cœur s’est emballé. J’ai caché mes larmes derrière mes immenses lunettes noires, pour que tu n’en saches rien. J’ai compris, à cet instant précis, que j’avais trouvé ce que j’étais venue chercher. Que j’étais enfin chez moi.

Les cris de joie de mes enfants m’ont ramenée à la réalité. Ils étaient si impatients de te rencontrer, ils n’arrêtaient pas de parler de toi … Ils allaient enfin faire ta connaissance. J’espérais tant ne pas m’être trompée, ne pas les décevoir ! J’ai essuyé mes larmes. Une main a serré la mienne. Nous y étions. Tous les quatre. En famille. Leur sourire en a dit long. Le mien encore plus.

Tout est si beau, chez toi. Tout est si joyeux, simple et doux à la fois. Nous avons goûté à tout, tout dévoré, à grandes gorgées, tout pris à bras le corps, en pleine figure, en plein cœur. Nous nous sommes délectés, de tes galettes, de ton cidre, de ton muscadet, de tes coques, tes étrilles, de tout ce que tu as bien voulu nous offrir.

Nos yeux se sont repus de la lumière scintillante que tu nous as montrée, sur les eaux et dans le ciel. De ces falaises sombres et brutes, découpées par le temps, de ces plages immuables et toujours différentes, de ces douces maisons de granit, de ces cabanes de pêcheurs aux volets bleus découvertes au hasard de nos pas. De ce bleu, bleu marine, bleu ciel, bleu rayé, bleu turquoise, partout du bleu. Surtout dans mon cœur.
Nous avons percé le secret de ces îles où le soleil brûle la peau, où le silence est assourdissant, et où la lande sauvage et aride côtoie l’eau transparente et tes plages de sable blanc.

J’ai imprimé en moi chaque seconde, chaque parfum, chaque souffle d’air. Chaque sourire des trois que j’aime, chaque étincelle dans leurs yeux. Chaque petit bonheur quotidien.

Nous nous sommes séparés le cœur gros, sous le gros temps. Mais pour un temps seulement. Nous nous reverrons. Nous reviendrons. Nous resterons. Tu me manques déjà.

Ma chère Bretagne. Ma belle, lumineuse, changeante, imprévisible, impétueuse Bretagne. Notre chère Bretagne.

Port Navalo mon amour

2 commentaires :

  1. La Bretagne ça vous gagne! Je suis allée de nombreuses fois sur la côte de Granit rose et là j'aimerais découvrir la Bretagne du sud.

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    1. Nous étions dans le Morbihan, et à l'inverse, moi j'aimerais découvrir le Finistère. Cette région est un trésor, je suis conquise ! (ça se sent, peut-être ?)

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