4 avril 2015

Mars (et ça repart)

Il y a des jours comme ça, comme beaucoup en ce moment, où c’est dur, où on en chie, où on en chiale - la faute à ces fichues hormones qui ne retiennent plus rien. Où on est pris dans le flot et on ne trouve plus le temps, où on croit qu’on n’a plus l’envie. Où on se dit que si on écrivait, ce serait chiant comme la mort, et qu’est-ce que les gens en ont à faire de tes galères, ont-ils vraiment envie de lire tout le morose et les boules alors qu’on en prend bien assez dans la tête dès qu’on écoute les infos.

Et puis on se prend à raconter en riant aux collègues de boulot les âneries des enfants et notre crise d’hystérie du matin – soir – week-end / rayez la mention inutile / il n’y en a pas. On tourne ça à la blague et il vaut mieux en rire que de sortir encore les mouchoirs. Puis il n'y a rien d’autre à faire qu’à se marrer, puis des larmes de rire ça fait moins couler le mascara.

Alors voilà, on va rire, et recommencer à écrire, pour relativiser tout ça et se poiler un peu a posteriori, a posteriori seulement parce que sur le moment on continuera sans doute à devenir maboule et à avoir des réactions de hyène bipolaire.

Avec un peu de chance, vous me direz-vous aussi en commentaires ou ailleurs que c’est la folie chez vous, la faute au temps, aux hormones, aux gosses relous et aux nuits sans sommeil, aux rythmes scolaires de merde, au changement d’heure et au boulot qui s’accumule. On rigolera de tout ça, à en faire pipi dans la culotte, la faute à ce périnée mal rééduqué et à ces 5 minutes qu’on ne prend pas pour aller pisser (et qu’on n’aura jamais pour pisser TRANQUILLE).

Ready ? Go pour la rétrospective du mois de mars, sponsorisée par mes filles. Bien sûr, ceci n’est que le Maxi Best Of, j’en garde sous le coude pour un futur roman (mytho) (ou des séances chez une psy).

Les filles sont raviesd’avoir bientôt une petite sœur. Bien évidemment, elles s’empressent de nous le montrer chaque jour, avec délicatesse et subtilité.

La petite (que nous appellerons Spiderman pour préserver son anonymat), par exemple, essaie chaque jour de ménager sa maman fatiguée (et grosse et relou) :

  • En nettoyant elle-même avec le gant de toilette le sol qu’elle a tout à fait fortuitement recouvert de dentifrice en voulant le mettre sur sa brosse à dents (curieusement restée immaculée, ELLE)
  • En déroulant intégralement le rouleau de PQ, voulant très probablement faciliter la tâche de sa mère qui va aux toilettes environ toutes les 15 minutes (vessie comprimée oblige) et qui n’aura donc plus qu’à découper une partie des 5 mètres de papier rose qui serpente sur le sol (encore tâché de dentifrice BORDAYL)
  • En évitant à ses parents, ainsi qu’à ceux de ses copines de classe, de se coltiner un rendez-vous chez le coiffeur, se chargeant elle-même de sa coupe printanière et faisant bénéficier de ses talents artistico-ébouriffants ses camarades pendant que d’autres s’ennuient sur des activités totalement rébarbatives du style Géo-Coloredo ou peinture aux doigts. A côté, Edward aux mains d’argent est un petit rigolo. NB : la tendance 2015 est à la coupe-escalier.
  •  En lisant elle-même à sa grande sœur des histoires où les princesses « s’en battent les steaks » (sic)  (ouf, on s’est contenté des steaks)
  •  En soulageant ses parents de la corvée des lessives et du ménage inutiles. C’est vrai, pourquoi laver des fringues qui ne sont pas VRAIMENT sales ? Pourquoi nettoyer des sols où ne traînent que quelques (pelotes / crachats de) poils de chat et quelques (milliers de) miettes ? Faisons de ces corvées des corvées NECESSAIRES ! Elle a donc trouvé la solution, en pissant, au choix, dans sa chambre, dans le couloir, devant les toilettes, dans son lit à 3h du matin tout en baignant dedans jusqu’à 6h30 (pour laisser maman dormir), voire, top du top, à l’école, afin que les parents n’aient pas besoin de passer la serpillère. ENFIN des lessives utiles ! HALTE au gaspillage de l’eau ! Néanmoins, le rythme quotidien des changements / lavages de culottes - pyjamas - collants – draps - couettes devra être revu à la baisse, pour préserver tout l’intérêt des économies potentielles. 

Bien entendu, elle peut parfois, en dehors de ces moments de complet dévouement et de pure générosité, être amenée à manifester une légère contrariété à l’idée qu’un nouveau-né braillard et dépendant vienne lui chourer la place de « petite dernière à sa môman ». Contrariété qui se matérialise par quelques hurlements de chihuahua enragé doublés de coups de pied dans les portes et projection violente de tout jouet / animal à proximité immédiate (« meeeooooow ») pleurs discrets rapidement calmés par un enfermement immédiat dans la chambre avec bâillonnement et camisole de force gros câlin rassurant.

Quant à la grande, cet être absolument pas émotif pour un sou, elle garde sa zénitude en toute circonstance. Bien entendu, il y a parfois quelques signes. Bon, ok, on frôle régulièrement la crise d’adolescence. Mais à 6 ans ½, c’est l’âge non ? L’âge de la rébellion et de la moue boudeuse, de l’indépendance vestimentaire (aïe mes yeux), de la perpétuelle insatisfaction, des parents trop nazes, du 1er scooter, du … Oui, la précocité doublée d’une arrivée imminente d’enfant non désiré (par les autres enfants de la fratrie, cela va de soi) multiplie l’âge par 2, il faut le savoir.

Bref, cette grossesse passe comme une lettre à la Poste. Espérons qu’il en soit de même pour la future petite sœur et mon périnée le jour de l’accouchement (ou pas). 

Coucou les pieds !

Pour lutter contre la crise, je pense donc investir dans toute une série de bouquins censés préparer les enfants à l’impréparable : se faire gauler sa place par un être minuscule, rougeaud, sans un poil sur le caillou et hurlant, être dont personne ne peut sensément vouloir mais qui semble ravir ses parents, à en voir leur sourire niais et l’attention qu’ils lui portent. 

Une collection de livres à base de Tchoupi, Petit Ours Brun ou tout héros débile en-chan-té (l’andouille) à l’idée d’avoir un petit frère ou une petite sœur. M’enfin si quelqu’un me dégotte un exemplaire de « Spiderman devient grand frère », ou « Iron Man et sa petite sœur vont au marché », je pense que j’aurai encore plus de crédibilité. 

En attendant, je me contenterai du « Bébé Cadum » de Stephanie Blake. Simon le lapin a déjà connu son petit succès chez nous avec l’inénarrable « CacaBoudin » (qui se retient mieux que du Maurice Carême, sachez-le). Et un tour à la bibliothèque complètera nos lectures préparatoires (au pire).

Prout ! (Source : Amazon ©Stephanie Blake)

Quoiqu’il en soit, j’essaie de préparer mes filles mais je crois que j’en fais trop. Je crois par expériences (oui, je mets un « s » rapport au nombre de litres de pisse que nous avons épongés) qu’à trop vouloir anticiper, à trop vouloir leur en dire pour qu’elles n’aient pas de mauvaises surprises le moment venu, j’ai créé du stress et de l’angoisse là où il n’y avait peut-être même pas de questionnement de leur part. 

J’ai, entre autres, commis un matin l’erreur de leur expliquer que lorsque le bébé serait là, nous devrions nous occuper de lui, puisqu’il ne saurait rien faire, le boulet. Et que par conséquent nous aurions un peu moins de temps à leur consacrer. Les pipis, crises d’ado et autres joyeusetés qui ont suivi les jours d’après et qui m’ont amenée à les étriper questionner m’ont valu une réponse claire : « tu ne t’occuperas plus de nous, parce que tu n’auras plus le temps. » (et aussi « je veux pas de ce bébé, ça braille tout le temps et il va nous casser les oreilles et nous empêcher de dormir ». Hum. A qui le dis-tu.) 

Voilà. J’avais juste oublié de préciser que oui, nous aurions néanmoins du temps pour tout le monde, que oui, le bébé dormant une bonne partie de la journée (je sens que je m’auto-porte la poisse là) nous en profiterions pour jouer, et que oui, quoiqu’il arrive nous serions toujours, toujours là pour elles. Les choses ne vont pas de soi pour les enfants, surtout quand elles ne sont pas dites, et surtout pas quand ils sont très jeunes et/ou hypersensibles
 
J’ai fini par prendre le parti de leur faire oublier cette grossesse, même si mon gros bidon peut difficilement passer pour un abus de cassoulet. Et d’arrêter de leur parler d’un événement si lointain et impalpable pour elles. De simplement leur rappeler qu’aujourd’hui, il n’y a qu’elles, et que c’est à elles seules que nous nous consacrons. Que je vais bientôt m’arrêter de travailler, et que nous en profiterons, rien que nous. Et si elles décident qu’aujourd’hui elles n’aiment pas ce bébé alors que tout le monde leur répète qu’elles doivent trouver ça génial, eh bien elles ont le droit, hein, de trouver ça trop naze. De ne pas aimer ce truc qui n’existe pas encore mais qui prend décidément beaucoup de place. Et que le jour venu, elles verront. Elles ressentiront des choses, dans leur ventre et leur petit cœur. Et qu’elles réagiront comme elles le souhaitent, et à leur rythme. Qu’il n’y a aucune obligation, et que désormais, on les laissera tranquille avec ça.

Plus une goutte de pipi depuis. Des petites (hum.) crises, toujours, bien sûr, comme chez tout le monde. Mais rien de comparable. Ouf. 

Sages, je vous dis.

Pour finir avec ce mois de mars bien (trop) chargé, ma grande a fait son passage en CE1 il y a 2 semaines. Le maître a estimé avec notre accord et celui de la principale intéressée qu’il était temps, qu’elle en avait les capacités, et qu’elle avait tout à y gagner ou du moins rien à perdre. Nous avons tous dit oui. Un nouveau programme, de nouveaux apprentissages, de nouveaux centres d’intérêt pour elle surtout, qui lui permettront peut-être déjà de ne plus s’ennuyer en classe (et conséquemment de ne plus taper la discute en plein milieu du cours à ses camarades ou ne plus répondre à leur place quand elle estimait qu’ils mettaient trop de temps – 10 secondes, c’est long.) 
14 semaines de CE1, sans changer de classe ni d’environnement (merci la classe à double niveau), dont nous ignorons si elles seront suffisantes pour engranger toutes les notions essentielles qu’on y apprend. Wait and see, elle prendra le temps dont elle a besoin. Nous ne sommes pas pressés qu’elle rentre à la fac, de toute façon.

Voilà. Je crois que mars a été le plus long mois depuis bien longtemps. Il se termine enfin, ce n’est pas pour me déplaire. Avril, les fleurs, le retour timide du soleil et de la douceur printanière … pile ce qu’il fallait pour recharger les batteries. Bon, aujourd'hui c’est Pleine Lune … Hum.

Je vous laisse, j’ai chocolat.

"Des magnoliaaaaaas" etc ...

3 commentaires :

  1. Merci pour ton récit, contente de voir que le mois de mars (et les crises... en tout genre.. même liquide ;-) ) soient quasiment derrière vous. Tu as bien fait de dédramatiser tout cela. Y a des livres très bien fait sur le sujet, mais attends un peu comme tu dis, à leur niveau c'est long une grossesse...
    Ici, c'est l'inverse... ils nous réclament une petite soeur (pour Antonin) ou moins de préférence pour Chloé mais, ils attendent impatiemment qu'on agrandisse la famille (après, ils sont un peu plus grands aussi).
    Au plaisir de lire des récits un peu plus calme de vos journées mémorables :-)

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    1. Ma chère Alice, merci pour ton message, auquel je réponds tardivement, Avril ayant été chargé ... mais beaucoup plus agréablement.
      J'espère que la famille s'agrandira bientôt, je m'étonnais que vous vous arrêtiez à 2 enfants ;)
      De gros bisous à tous les 4 !

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  2. Ton article me donne des souvenirs où ma première fille avait appris qu’elle allait avoir une petite sœur. Elle était toute contente !

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